lunes, 18 de agosto de 2008

Los tórtolos del Shijing

Guojian Chen publicó en 2001 "Poesía clásica china". En el libro aparecen traducciones al castellano de varios poemas del Shijing, entre ellas ésta, titulada "Los tórtolos":

Cantan los tórtolos
en el islote.
Flotan nenúfares
a la deriva.
Las bellas y esbeltas muchachas
merecen ser galanteadas
y amadas por los caballeros.
En una de ellas pienso
de día y de noche,
sin conciliar el sueño.
Si no acepta mi amor,
me muero de tristeza.

Los nenúfares hay que recogerlos
de una forma u otra,
no importa cómo sea.
Pero a las damas hermosas
debemos cortejarlas
con violines y cítaras.
Hay que llevarlas a casa
con gongs, tambores y música,
agasajándolas por todo lo alto.


En el libro no figura el número de orden del poema original. Tardé bastante en descubrir que es ¡el número 1! El sentido es muy diferente al de las traducciones de Legge, Waley o Elorduy; pero, hasta donde sé, igualmente ajustado a la letra del Shijing.

Aquí reproduzco la versión y explicación del P. Couvreur, S. J., elaboradas conforme a la tradición canónica china:

[Les femmes du palais chantent les vertus de T'ái Séu, épouse de Wênn Wâng]

1. Les ts'iu kiou [se répondant l'un à l'autre, crient] kouan kouan sur un îlot dans la rivière. Une fille vertueuse [T'ai Seu], qui vivait retirée et cachée [dans la maison maternelle], devient la digne compagne d'un prince sage [Wenn wang] (1).

2. La plante aquatique hing, tantôt grande tantôt petite, a besoin d'être cherchée partout à droite et à gauche dans le sens du courant. Ainsi cette fille vertueuse, modeste et amie de la retraite a été l'objet de nos recherches et le jour et la nuit. Cherchant et ne trouvant pas, nos esprits n'avaient de repos ni le jour ni la nuit. Oh! depuis combien de temps, nous tournant et nous retournant la nuit tantôt sur un côté tantôt sur l'autre, [avons nous été privées de sommeil]!

3. La plante hing, tantôt grande tantôt petite, [lorsqu'elle est trouvée] doit être cueillie à droite et à gauche. Au son des luths et des guitares, accueillons amicalement cette fille vertueuse, qui vivait solitaire et cachée. La plante hing, tantôt grande tantôt petite, [lorsqu'elle a été cueillie] doit être cuite et servie avec soin. Au son des cloches et des tambours, accueillons avec joie cette fille vertueuse, amie de la retraite et du silence (2).


(1) Ts’iū kiōu, oiseau aquatique. Il ressemble à la mouette ou au petit canard appelé fôu. Il est le symbole de la fidélité conjugale. Plusieurs anciens auteurs prétendent que c’est une espèce d’aigle de mer.
T’ai Seu, c’est-à-dire l’auguste Seu, était fille du prince de Chenn, dont la famille se nommait Seu.
(2)K’în, luth à 5 ou 7 cordes. Chĕ, luth à 19 ou 25 cordes. [cf. dessins]L’accord de ces deux instruments est le symbole de la concorde entre les époux.

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